L’éloge des petites choses(2)

                                                                     L’éloge des petites choses (2)

 

En dépit de la belle et grande chose qu’est la vaccination dans les RPA, SOPH n’est pas davantage d’accord à ce que je m’étende sur le sujet de cette troisième vague nous frappant de plein front. Tant de gens en parlent, tant de restrictions sont renforcées à cause d’elle ! Il m’incite à retourner à mon affaire : les petites choses.

J’avoue en avoir été totalement incapable pendant les dernières semaines.

Comment passer outre aux féminicides récents, résultats d’une violence exacerbée par le confinement ? La domination des hommes sur les femmes est implantée depuis fort longtemps, l’éducation dans les institutions et les familles l’a depuis toujours encouragée. Une amie me raconta un jour le branle-bas des samedis soirs dans sa famille : les garçons sortaient s’amuser, danser, rencontrer des amis, les filles, elles, avaient la charge de préparer leurs vêtements, nettoyer et cirer leurs chaussures, voir à ce que leur tenue soit impeccable. La seule distraction permise une fois les besognes terminées et les jeunes hommes partis, consistait à faire les cent pas sur la galerie. Interdiction d’en descendre et de marcher sur le trottoir. Des jeunes filles seules se promenant dehors en soirée, quelle inconvenance !

Voilà l’exemple d’une petite chose, anodine au départ, transformée au cours des décennies en une immense chose, débouchant sur la mort. Ainsi vont les petites choses erronées : si on les nourrit, les cultive, si on ne fait rien pour les rectifier, elles ne mènent certes pas toutes à ce paroxysme, mais certainement à une érosion graduelle du droit à l’égalité entre les hommes et les femmes.

Ceci étant exprimé, je reviens à notre vie ordinaire quotidienne.

À l’instar des comédiens à la molle articulation, les journalistes, par l’abus des sigles, sapent à la base l’intérêt des vieux pour leurs articles. La mode est aux sigles : DPCP, DGSP, MSSS, CNESST, INSPQ, il en pleut à toutes les lignes ! En donner le sens dès la première utilisation permet de se situer s’il revient dans le texte. Mylène Moisan dans Le Soleil, Marco Bélair-Cirano dans LeDevoir, sont en cela exemplaires selon ma lecture de leur journal respectif. D’autres, par contre, semblent tenir pour acquis que ces majuscules ne sont un mystère pour personne.

Vous, des générations qui nous suivent, qui êtes maintenant aux commandes de notre société, de grâces, faites en sorte de ne pas nous perdre. Gardez-nous dans le coup, permettez-nous de suivre la cadence. Nous sommes plus lents mais nous sommes là. Les petites choses, c’est simple : il faut juste y penser.

N’est-ce pas en quelque sorte votre devoir ?

 

   SOPH

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